« Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation »
Pierre Louis dit Pierre Louÿs
1870-1925


«Le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation» est une œuvre littéraire érotique de Pierre Louÿs écrite en 1917.
Cette œuvre parodie les manuels d'éducation de l'époque dans un style particulièrement cru et subversif. C'est une réponse séditieuse au puritanisme bourgeois de la Belle Époque.
Texte intégral disponible sur le site d'Alain Claverie
Extraits
  • À la chambre,  Superstitions,  À l'église,  À confesse,  Devoirs envers Dieu,  .

    Ne suspendez pas un godemiché au bénitier de votre lit. Ces instruments là se mettent sous le traversin.

  • Superstitions,  À la chambre,  À l'église,  À confesse,  Devoirs envers Dieu,  .

    Quand vous aurez perdu votre pucelage, ne vous adressez pas à Saint-Antoine de Padoue pour le récupérer. Saint-Antoine de Thébaïde a beaucoup médité sur les questions sexuelles mais son homonyme n'y connait rien.

    Avant de recevoir un godemiché dans le cul, n'exigez pas que l'instrument soit béni par l'archevêque. Certains prélats s'y refuseraient.

  • À l'église,  À la chambre,  Superstitions,  À confesse,  Devoirs envers Dieu,  .

    Une petite fille qui s'éveille doit avoir complétement fini de se branler lorsqu'elle commence sa prière.

    Si vous ne vous êtes pas assez branlée ce matin, ne finissez pas à la messe.

    Ne suivez pas l'office sur un exemplaire de Gamiani, surtout s'il est illustré.

    N'arrachez jamais un bouton de culotte à votre voisin au moment de donner à la quête. Faites le avant d'entrer.

    «Les personnes qui connaîtraient des empêchement à ce mariage sont obligées de nous en avertir» dit le prêtre. Mais c'est une simple formule. Ne vous levez pas à ces mots pour révéler des confidences.

    Quand vous êtes auprès d'une dame qui s'agenouille en creusant les reins, ne lui demandez pas si cette position lui rappelle des souvenirs tendres.

    Au catéchisme, si le jeune vicaire vous demande ce que c'est que la luxure, ne lui répondez pas en rigolant : «Nous le savons mieux que vous!»

    Le jour de votre première communion, si une dame s'écrie en vous voyant : «Est-elle jolie ! On dirait une petite mariée !» ne répondez pas : «Il ne manque plus que la fleur d'oranger» La réplique serait déplacée.

    Si vous sucez une monsieur avant d'aller communier, gardez vous bien d'avaler le foutre : vous ne seriez plus à jeun, comme il faut que vous le soyez.

    En vous agenouillant à la table sainte, n'invitez pas tout bas votre petite voisine à coucher avec vous dans l'après-midi.

    Pendant le sermon, si le prédicateur paraît croire à la «pureté des jeunes filles chrétiennes», ne vous mettez pas à pouffer de rire.

    Si vous baisez l'après-midi dans une église de campagne, ne vous lavez pas le cul dans le bénitier. Loin de purifier votre péché, vous l'aggraveriez au contraire.

  • À confesse,  À la chambre,  Superstitions,  À l'église,  Devoirs envers Dieu,  .

    Si votre confesseur vous demande combien de fois vous vous êtes polluée, ne lui répondez pas : «Et vous ?»

    Ne vous branlez pas dans le confessionnal pour être absoute aussitôt après.

    Quand vous racontez toutes vos cochonneries au bon prêtre qui vous écoute, ne lui demandez pas si ça le fait bander.

    Si vous vous confessez chez votre directeur, ne lui demandez jamais de vous laisser prendre sa pine pour mieux lui expliquer ce que vous faites aux garçons; et ne lui montrez pas non plus votre con pour mieux lui expliquer ce que vous faites aux filles.

    Si votre directeur prend l'habitude de vous baiser, de vous enculer ou de vous décharger dans la bouche, avant de vous absoudre de cela et du reste, gardez le comme amant si vous le trouvez beau mais prenez un autre confesseur. Au point de vue canonique, le premier est insuffisant.

  • Devoirs envers Dieu,  À la chambre,  Superstitions,  À l'église,  À confesse,  .

    Tous les soirs, avant de vous branler, faites votre prière à genoux.

    Admirez la bonté de Dieu qui donne à chaque petite fille un con pour y plonger toutes les pines du monde, et qui pour varier vos plaisirs, vous permet de remplacer la pine par la langue, la langue par le doigt, le con par le cul, et le cul par la bouche.

    Remerciez-Le d'avoir créé les carottes pour les petites filles, les bananes pour les jouvencelles, les aubergines pour les jeunes mères, et les betteraves pour les dames mûres.

    Bénissez-le d'avoir mis en vous le désir de décharger et créé mille moyens pour en arriver là. Si vous désirez un amant, demandez-le-lui, il vous le donnera. Si c'est une gougnotte qu'il vous faut, dites-le lui sans honte. Dieu lit dans votre coeur. Vous ne sauriez le tromper.

    Ne priez pas quand vous êtes toute nue. Mettez une chemise de nuit, ne la relevez ni par-devant ni par-derrière devant les personnes présentes. Si vous portez un godemiché en érection sur votre motte, retirez-le. De même si vous l'avez dans le cul.

    Pendant que vous priez à genoux, si quelqu'un profite de cette position pour essayer de vous enculer, ne vous prêtez pas à cette inconvenance.

    Avant d'aller communier, si vous sucez quelqu'un, n'avalez pas le foutre, vous ne seriez plus à jeun. mais vous pouvez en boire le vendredi. Le foutre, pas plus que le lait, n'est considéré comme un aliment gras.

    Quelques jeunes filles trop surveillées achètent une petite sainte vierge en ivoire poli et s'en servent comme d'un godemiché. C'est un usage condamné par l'Eglise.

    Par contre vous pouvez vous servir d'un cierge à cet effet, pourvu que le cierge ne soit pas béni.